1) Contexte, genèse et positionnement du jeu
SD Gundam 2 sort le 23 septembre 1993 sur Super Famicom, à une période charnière pour la licence Gundam dans le jeu vidéo. Depuis la fin des années 80, Banpresto exploite activement la déclinaison SD (Super Deformed) de l’univers Gundam, plus accessible, plus humoristique et surtout plus malléable sur le plan ludique que la continuité “real robot” traditionnelle.
Au début des années 1990, la Super Famicom est solidement installée sur le marché japonais. Le shoot’em up y est un genre extrêmement codifié, dominé par des titres comme Gradius III, R-Type III, Axelay ou encore Super Aleste. Dans ce contexte très concurrentiel, proposer un shoot’em up Gundam relève d’un choix à la fois audacieux et prudent : audacieux car Gundam n’est pas historiquement lié au shmup pur, prudent car la forme SD permet de désamorcer toute attente réaliste.
SD Gundam 2 s’inscrit dans une logique de diversification du catalogue Gundam. Contrairement aux jeux de stratégie ou d’action plus classiques de la série, il adopte une structure de shoot’em up à défilement horizontal, dans laquelle le joueur contrôle différents mobile suits SD affrontant des vagues d’ennemis mécaniques et des boss imposants.
Le jeu ne cherche pas à raconter une histoire complexe ni à respecter strictement une chronologie Gundam précise. Il s’agit avant tout d’un jeu d’arcade domestique, pensé pour des parties directes, rythmées et accessibles, tout en capitalisant sur la reconnaissance immédiate des machines et de l’univers.

Test
Graphismes — 14 / 20
Visuellement, SD Gundam 2 propose une réalisation propre et colorée, parfaitement dans les standards de la Super Famicom de 1993. Les sprites SD sont bien dessinés, expressifs et immédiatement identifiables, même en pleine action. Les arrière-plans, bien que relativement simples, varient suffisamment pour éviter la monotonie.
Le jeu n’impressionne pas techniquement et n’exploite pas les effets avancés de la console, mais il bénéficie d’une direction artistique cohérente, lisible et agréable. L’ensemble manque cependant d’audace face aux meilleurs shoot’em ups de la machine.
Animations — 13 / 20
Les animations sont fonctionnelles et fluides sans être spectaculaires. Les déplacements des mobile suits sont précis, les tirs bien animés et les explosions correctes, mais l’ensemble reste assez rigide.
Les boss profitent d’animations plus travaillées, ce qui renforce leur impact, mais on aurait aimé davantage de dynamisme global, notamment lors des phases les plus intenses.
Musiques — 14 / 20
La bande-son remplit efficacement son rôle. Les musiques accompagnent bien l’action, avec des thèmes rythmés et énergétiques adaptés au shoot’em up, sans jamais devenir envahissants.
Aucune piste ne s’impose comme véritablement mémorable, mais l’OST reste solide, cohérente et agréable sur la durée. Les effets sonores sont classiques mais efficaces.
Gameplay — 15 / 20
C’est sur le plan du gameplay que SD Gundam 2 tire le mieux son épingle du jeu. Les contrôles sont précis, la prise en main immédiate et la difficulté globalement bien dosée.
Le jeu adopte une structure de shoot’em up relativement classique : esquive, gestion des tirs ennemis, affrontements contre des boss bien identifiables.
La variété des situations reste limitée et le jeu ne renouvelle pas profondément le genre, mais il propose une expérience solide, accessible et bien rythmée, particulièrement adaptée à des sessions courtes. Les amateurs de Gundam y trouveront un plaisir supplémentaire lié à l’univers, sans que celui-ci ne prenne le pas sur le gameplay.
3) La note finale du jeu — 14,5 / 20
SD Gundam 2 est un shoot’em up honnête, bien réalisé et parfaitement fonctionnel, qui ne cherche ni à révolutionner son genre ni à repousser les limites techniques de la Super Famicom.
Son principal intérêt réside dans sa capacité à marier efficacement l’univers Gundam SD avec une structure shmup classique, offrant une expérience accessible et agréable, sans grande prise de risque.
Il s’agit d’un titre secondaire mais solide, qui trouvera surtout son public chez les fans de Gundam et les amateurs de shoot’em ups japonais des années 90, davantage curieux que collectionneurs de chefs-d’œuvre absolus.